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| Mai 2012 | ||||||||||
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Commençons, si vous voulez bien, par quelques éléments sur lesquels tout le monde pourra se mettre d’accord.
Le petit cadre en bleu-blanc-rouge/orange/rouge-blanc-bleu symbolise les deux pays à m’avoir toléré sur leur sol : les Pays-Bas, pays de ma naissance (donc bien obligé de me garder), et la France, pays de mon installation (donc susceptible de se montrer un peu plus regardant).
Le visage est celui du peintre, forcément inachevé et gagnant à être défini par rapport au réservoir d’inspiration que constitue le vaste monde figuré à travers quelques objets bien ancrés dans la réalité.
Ceci est une pipe
La pipe renvoie - pêle-mêle - au portrait de l’archétype du marin ornant maint salon à travers le monde (contrairement à ma figure, laquelle n’a que très peu de valeur décorative, il est vrai), au péché mignon d’un grand-père résistant déporté pendant la seconde guerre mondiale (ce qui nous rapproche, c’est la « résistance », lui à la barbarie humaine, moi à la peinture) ainsi qu’aux trompe-l’œil si chers aux maîtres hollandais, sans oublier bien sûr le côté surréaliste d’une pipe tout court (« ceci n’est pas une pipe »), souvenons-nous du feuilleton estival new-yorkais de 2011.
La chemise représente le stock quasi inépuisable et inusable d’un modèle que j’affectionnais particulièrement, étant précisé que j’ai acheté mon premier polo à l’âge de 52 ans seulement, mais que mon épouse les lavait très régulièrement (en effet, modèle unique ne veut pas dire exemplaire unique).
Passons aux choses plus charnelles. Les rides expriment les gros soucis du peintre en mal d’inspiration. Le regard fixe de l’œil gauche (vu de l’intérieur) est également celui de mon cher Vincent et exprime le regard critique que je porte sur ma propre production. La barbe est l’essence même de ma personne : je me suis toujours senti proche d’un certain Homer, dont les opinions toutes faites et les vaines gesticulations expriment l’impuissance de celui qui se croit être le centre du monde, mais qui ne maîtrise rien du tout et se retrouve fatalement rejeté à la périphérie de sa propre peinture.
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