Partager l'article ! Chat-hibou I: En fait, j'avais le tableau suivant en tête, mais je n'osais pas me lancer tout de suite, de peur de (me) décevoir. En effet ...
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En fait, j'avais le tableau suivant en tête, mais je n'osais pas me lancer tout de suite, de peur de (me) décevoir. En effet, je ne connais pas de supplice plus profond que d'être peintre inspiré
sans talent devant une toile blanche, cet espace vierge qui renvoie sans cesse à son impuissance créatrice et qui rend tout humble...
Un animal un peu mythique, mi-chat, mi-hibou, entouré de signes primaires et primitifs, les premières expressions de l'homme. A croire que je ne suis jamais sorti de ma caverne !
En fait, je pense que cette image - directement sortie du cauchemar déclencheur de toute cette expérience picturale que j'ai dû faire pendant cette fameuse nuit du dimanche au lundi - reflète en partie notre chatte, Praline. En effet, je travaille à domicile et elle a l'habitude de sortir et de rentrer par la fenêtre de mon bureau (elle est même assez agaçante, car elle est capable de sortir par la porte d'entrée, de faire le tour de la maison et de rentrer aussitôt par la fenêtre du bureau, me voyant assis devant mon ordinateur). Le rebord de la fenêtre de mon bureau est même devenu son poste d'observation préféré, car il permet de surveiller le chemin d'accès menant à la maison... et les agissements de son maître à l'intérieur.
En plus, elle a l'habitude de se dresser sur les pattes arrière et de faire des patins sur la vitre (au grand dam de ma femme, d'ailleurs, car par la même occasion, elle laisse des traces). Il y a des jours que je lui ouvre la fenêtre des dizaines de fois...
J'ai tout simplement peint sa tête, telle que je la vois fréquemment derrière la vitre, en train de me scruter. Je la compare parfois à ma propre conscience, mon alter-ego felin...
Mais - et c'est bien là la première découverte de mon parcours pictural - la réalité ne m'intéresse pas. Alors pas du tout. J'aurais pu la prendre en photo, tout simplement, au lieu de faire un tableau ! Il fallait donc que je lui donne un bec, pour que l'animal intrigue et devienne légèrement inquiétant. Une sorte de déesse, en quelque sorte, faisant naturellement l'objet d'un culte.
La main est évidemment la mienne, apposée pour m'approprier l'objet de ma vénération et les pétales sont des empreintes de mon pouce. Le poisson est un animal religieux par excellence, surtout quand il est pourri. La ligne ondulante sépare deux mondes. Deux univers de peinture, également. Traversant cette zone de transition, ce no man's land pictural et spirituel, un couple de bienheureux, s'élançant vers leur petit coin de paradis pour rejoindre les autres élus. Comme sur les pièces d'autel d'antan, en quelque sorte. Je pense que le reste parle pour soi...
Je considère qu'il s'agit de mon premier vrai tableau et je l'ai signé. Entre parenthèses, pas évident non plus, de trouver sa signature ! J'ai tout essayé, même la signature que j'appose en bas de mes chèques ! Finalement, je pense que mes initiales correspondent les mieux à mes aspirations : H.D. - en toute simplicité ! Tout en offrant des garanties suffisantes en cas de subtilisation et d'utilisation frauduleuse de mon chéquier...
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