Mercredi 10 décembre 2008
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Mis ensemble, les trois éléments donnent ceci :
Avec - art suprême ? - un petit cadre vide, indispensable dans ma vision de cette première oeuvre "réfléchie". Et le préféré de certains - n'est-ce pas,
Christophe G. ? J'espère qu'il me charrie, car malgré mes belles paroles indiquant toute absence de prétention, je commence à m'y attacher, à mes tableaux, et le regard des autres est
finalement beaucoup plus important que je ne croyais...
L'acrylique me posant certains problèmes (et étant rigoureusement autodidacte par vocation : l'art brut, rien que l'art brut !), j'ai voulu m'essayer à
l'aquarelle. Encore que, si vous me permettez cette petite digression : plutôt l'art du brute, car en effet, les critiques se sont violemment élevés contre cette usurpation de ma part. Pour
pouvoir prétendre à l'art brut, il faut être 1. autiste, 2. schizophrène, 3. autodidacte, 4. asocial et 5. dépourvu de toute référence culturelle. Apparemment, je ne réponds pas à l'ensemble
des critères, mais je suis sur le bon chemin !
C'est même pour cette raison que j'ai intégré le mouvement outside insider art, dont je suis d'ailleurs l'un des membres fondateurs. En dehors de tout art pour
initiés... Car nous sommes également interdits d'art moderne : nos tableaux ne se déplacent pas à l'aide d'une grue et ne sont pas intégrés dans des installations la taille d'une machine... à
broyer la concurrence.
Encore que je verrais bien le panneau du chat-hibou seul au milieu d'un immense mur immaculé, entouré de 366 cochons d'Inde empaillés et aplatis, dont un amovible,
la peau bien tendue entre les quatre pattes écartées. Praline, Goddess of the Guinea Pigs - je suis certain que les musées se l'arracheraient !
Je me laisse emporter. J'en étais où ? Oui, je voulais donc m'essayer à l'aquarelle.
Par H.D.
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En commençant par une scène pour ma fille. La pauvre, elle était tellement étonnée de ma démarche en voyant mon premier tableau (un des ronds) un beau jour (le
fameux lundi) en rentrant de l'école : "C'est toi, papa, c'est bien toi qui as fait ça, tu te mets à la peinture, maintenant ?!", c'est à peu près en ces termes qu'elle avait salué le
maître.
Que voici :
Un paysage de la Zélande (l'ancienne), cette province des Pays-Bas où je passais souvent mes vacances avec mes parents quand j'étais encore jeune et beau, et où je
venais de passer quelques jours avec ma femme et ma fille, sur les traces de l'ancêtre à la recherche de l'inspiration perdue. Et bien perdue, à en juger par ce résultat... Aucun commentaire
particulier, donc : il faut bien que l'on essaie autre chose, de temps à autre, quitte à se tromper ! Si, une petite remarque
quand même : j’infirme formellement l’affirmation maternelle selon laquelle j’aurais bu l’eau réservée au teckel (appelé Sherry, étant de race, mais plus communément répondant au nom de
Speedy, étant assez véloce) en revenant de la plage sous une chaleur écrasante (si, si, cela arrive même en Zélande), enfin, mes souvenirs se sont un peu brouillés sur ce point précis, mais cela
m’étonnerait tout de même que j’aurais bu toute l’eau…
Mais le problème avec l'aquarelle, c'est que cela court plus vite que le pinceau !
J'ai quand même réitéré l'expérience plus tard, avant de l'abandonner (définitivement ?) au profit de l'acrylique, avec un ultime essai que je n'ai pas encore
pris en photo.
Par H.D.
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09:00
Un voyage à Malte m'a inspiré le tableau suivant, appelé "Temple Humain". C'était la première fois de ma vie que j'avais pris l'avion. En d'autres termes :
j'avais bien besoin d'un peu de spiritualité !
Les temples préhistoriques à Malte m'ont beaucoup impressionné. Je les ai ainsi résumés :
Lorsque nous avons fait faire la façade de notre maison, l'artisan nous a laissé un sac d'enduit ("au cas où" : prévoyant le façadier !) : de l'acrylique
à l'enduit, quelle évolution !
Car en effet, c'est bien cet enduit que j'ai utilisé pour ce tableau, pour lui donner cet aspect granuleux. Comme les temples préhistoriques, le tableau subit
ainsi l'assaut du temps : les graines ont tendance (je devrais pouvoir dire : "vocation", mais je ne peux pas inventer une démarche artistique là où il n'y en a pas !) à se détacher et à tomber.
Il ne faut pas oublier qu'à la base, l'enduit est destiné aux façades, pas aux toiles, et savoir rester humble, quitte à passer régulièrement l'aspirateur sous ses tableaux.
Le tableau est également un petit hommage à Mondrian. Car rassurez-vous : je ne suis pas resté bloqué dans le Siècle d'Or de la peinture néerlandaise ! Du
chemin a été fait depuis : d'autres peintres m'ont accompagné tout le long. Encore que... c'est bien aussi un crucifié, tout droit sorti d'un retable !
Et le rond bordeaux, me demandez-vous ? Et bien, c'est ce que l'on appelle un trou d'oracle, par lequel les prêtres s'adressaient au bon peuple après leurs
délibérations dans l'enceinte du temple. Pour lui annoncer quoi ? Allez savoir, mais aujourd'hui ce même trou me permet d'ânonner à mon tour.
Par H.D.
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09:02
En parlant d'hommage, qu'est-ce que vous pensez de celui-ci :
Je vous jure : je l'ai réalisé sans regarder l'original (ni une copie, je vous vois venir !). Je tiens à préciser, par
ailleurs, et ceci afin d’éviter toute tentative de cambriolage, que je n’ai pas l’original d’origine à la maison.
Et pour répondre à une question souvent posée : la bande noire, c'est tout simplement une porte qui se ferme. Ou un couvercle qui se cloue définitivement... Par
contre, ce qui était très important dans ma démarche, c'était de reproduire le vert du plancher. Un vert qui donne des nausées et des vertiges, un vert qui tangue à faire valser les
meubles - comme si l'on avait trop bu, la nuit, dans un bar à billard éclairé par un néon qui ne laisse rien passer et ne pardonne encore moins. Les initiés sauront, pour une fois,
pourquoi...
La petite chaise totalement usée et dangereusement branlante se retrouve abandonnée dans un coin, après avoir été repeinte une dernière fois. Son propriétaire ? Il
est déjà parti dans le décor, qui annonce le cubisme par ses perspectives aplaties et juxtaposées.
Les coins oranges préfigurent les cadres dans les musées, qui s'arrachent ses oeuvres maintenant. Je me reconnais entièrement dans ce côté peintre
maudit, même si mon illustre prédécesseur n’était pas aussi méconnu de son vivant que moi avant l’heure de ma gloire !
Par H.D.
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09:04
L'art primitif n'étant jamais très loin de mes préoccupations, j'ai refait une incursion en préhistoire avec le tableau suivant, intitulé "Le masque" (vous voyez
que je ne suis que rarement à court d'inspiration...) :
Cette représentation est faite de contrastes ou d'oppositions (féminin - masculin, mer - terre, volant - rampant, bleu - ocre, cercles - angles...) qui
s'articulent autour d'un masque. Ce masque renvoie à une petite pierre polie et gravée à l'époque préhistorique d'à peine quelques centimètres de diamètre conservée au Musée National à Malte. Un
véritable petit bijou (le talisman mais également le musée). Par contre, le nez et les lèvres ont été "empruntés" à Christophe, l'un de mes meilleurs amis. Rien n'est jamais perdu, vous voyez
bien. Les deux amulettes sont africaines (et même pas artisanales).
Comme mon illustre prédécesseur inconnu, les représentations sont gravées... mais, grand inconnu illustre bien ancré dans la modernité que je suis, sur
du papier photo recouvert de peinture, et à l'aide d'un clou.
Par H.D.
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